D’Ailleurs poésie a le plaisir de proposer en ce début d’année un jumelage virtuel avec l’OUvroir de POésie LIbre, un site aux multiples facettes que nous vous recommandons chaudement de parcourir. Pour inaugurer cette collaboration, Miguel Ángel Real, un de ses poètes-animateurs, nous propose des extraits d’un projet en cours.

Le ciel changeant
nous rassure bien plus
que les paroles qui se répètent.

(Vent)

*

La peau précise et libre.
Le vent qui retarde la chaleur.
Le linge qui ondule sur la corde.
Une musique lointaine filtrée par les arbres.
Le temps par lui-même
sans souvenir ni projets.

(Chimères)

*

Le balancement du peuplier
n’apporte pas de sens à l’après-midi
et pourtant le vent est une quête.
On retourne au silence
dans un désir de perfection
pour pouvoir ignorer la bassesse du monde,
pour se donner le temps de croire
que l’être humain est bien capable
de se dégager de la peur.
Naïveté nécessaire
du regard d’été,
solide solitude
éloignée des miroirs,
recréation du sacré.

(Quiétude)

*

Si on pouvait cueillir le silence,
le garder dans un silo inviolable
et le répandre dans l’attente d’une moisson
de renouveau…

(Vœux)

*

Gestes sans paroles.
Les feuilles
qui n’ont pas de doctrines.

(Envols)

Photo : Miguel Ángel Real

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Miguel Ángel Real, poète, professeur, traducteur, mais peut-être pas dans cet ordre. Ses écrits — poèmes, aphorismes, traductions — sont parus dans de nombreuses publications en Espagne, en France et en Amérique latine.