relecture
petite. être petite
les deux mains agrippées à un genou – sent bon le soleil, le nylon
le bac à sable, son cadre de bois pris d’assaut par les herbes, la terre
noire
senteurs âpres des pissenlits tuméfiés
quand un frère viendra, son rire de roi, c’est à lui qu’il faudra dire
l’arbre appuyé contre la barrière,
le muret que frôlent les pêches ou la fuite éperdue des lézards
dans les trous
*
météo marine II
(pour Denise M.)
collines bourrues sous la pèlerine du brouillard :
le jour qui glisse
contre les vitres du matin
au réveil pourtant, ces mêmes mots. ils m’enchantaient, enfant
/ vents d’est 3 à 4, rafraîchissant 4 à 5 à la mi-journée / mer peu agitée à agitée /
Lorient, Belle-Île et Brest / quelques averses /
la mer, qui dira si je ne l’ai pas rêvée
ses rouleaux rêches, ses algues, le pilotis des couteaux verts –
chez nous, la burle dans les peupliers
Photo : Natacha Ruedin-Royon
Née en 1974 dans une famille franco-polonaise, Natacha Ruedin-Royon est établie en Suisse orientale depuis 2007. Elle traduit de la poésie (de l’allemand au français) et en écrit parfois. Quelques textes ont été accueillis par des revues papier (Orte, La Cinquième Saison) ainsi que par L’Épître, terre à ciel et D’ailleurs poésie. D’autres ont été exposés ou lus à voix haute. Le recueil weihergespräche, consacré à Wiborada (ⴕ 926), recluse saint-galloise, est paru en 2021. Parmi les traductions littéraires (de l’allemand) : des poèmes de Manfred Peter Hein (alidades, 2017), Nadja Küchenmeister (Cheyne, 2018) et Werner Lutz (collection Po&psy, érès, à paraître au printemps 2026).





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