le sablier court
emportant cette partie boudeuse du ciel
les colères et les blessures du vent
souvent tu te désoles
en contemplant le miroir des pavés
leur luisante rigidité
tu regardes la vague
effacer les pas du bonheur
et l’encre pâlir sous la main
or aucun orage
ni aucune fleur
n’aura raison de la mémoire

*

c’est la chute silencieuse des étoiles
tant de fleurs évanouies en plein champ
et l’iris les reçoit en son centre
un brouillard cerné l’écriture
les morts tournent dans la mémoire
et ce qui reste de la forêt
s’accroche à l’horizon
car nul ne sait
quand reviendra le jour

*

à la croisée des saisons
le ciel est sans défaut
malgré les étoiles trop basses
entre les dents des rochers

dans les cavernes de l’air
la nuit avance à petits pas
et couve de sa houle d’étranges paroles

et vous ô lunes
vous, enceintes comme fidèles les mères
jusqu’à quand veillerez-vous
les mystères de temps heureux
où la rose sur la nappe
était le pilier du jour ?

Clin d’œil à José Ensch, parc du Centre national de littérature, Luxembourg

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 + 7 =

Michèle Nosbaum

Michèle Nosbaum, née à Moutier (Suisse), a travaillé comme infirmière. Elle vit depuis de nombreuses années au Luxembourg. Elle a entretenu une longue amitié avec la poétesse luxembourgeoise José Ensch (1942-2008), à qui elle a dédié son recueil Entre silence et écoute. Sa poésie en vers libres met l’accent sur les impressions sensorielles et les phénomènes naturels.